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Bolek Budzyn: l'âme de la Flandre - 15 août 2008

Bolek Budzyn est né à Roubaix en 1950. Lancé et exposé depuis 25 ans par la Galerie Schèmes à Lille, il travaille maintenant presque exclusivement sur commande.
Bolek Budzyn peint sur bois, à la manière des Primitifs Flamands. Ses glacis d’une extrême perfection reprennent avec une imagination fertile des scènes apocalyptiques, rappelant Jérôme Bosch et ses collections de caricatures et de créatures semi-fantastiques.
Quelques portraits féminins d’une grande pureté rétablissent l’équilibre d’une production aussi délicate que fantasmagorique, et qui ne connaît aucun équivalent moderne en termes de réprésentation de l’âme profonde de la Flandre.
http://www.bolek-budzyn.com/
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L'art des oeuvres et l'art de la vie - 2 août 2008
Ce texte est extrait du numéro 5 de la revue lilloise Anaximandre consacrée à « L’art et la vie ». Thibault Isabel met l’accent sur « l’art du quotidien » en se basant sur les écrits de Nietzsche. L’art des oeuvres, libre production de l’âme, a sa place mais cette place est restreinte à de rares contemplations dans des lieux d’exposition. L’art de la vie (art culinaire, savoir-vivre, design, cérémonies et rituels, divertissements populaires...) doit avant tout embellir notre environnement quotidien et familier, pour rendre celui-ci le plus accueillant – et enthousiasmant – possible.
La revue Anaximandre est éditée par les Editions de la Méduse, à Lille, et téléchargeable sur le site www.thibaultisabel.com

L’art des œuvres et l’art de la vie
Le thème des rapports entre l’art et la vie occupe une place centrale dans l’esthétique contemporaine. Nietzsche, à cet égard, a souvent fait figure de précurseur de la culture postmoderne. Ce jugement, toutefois, repose peut-être sur un malentendu et une mauvaise lecture de ses textes. Nietzsche entendait certes mettre de l’art dans la vie ; mais il envisageait cette tâche d’une manière sans doute très différente de nos artistes actuels.
Friedrich Nietzsche soutenait que « l’art doit avant tout embellir la vie, donc nous rendre nous-mêmes tolérables aux autres et agréables si possible : ayant cette tâche en vue, il nous modère et nous tient en bride, crée des formes dans les rapports, lie ceux dont l’éducation n’est pas faite à des lois de convenance, de propriété, de politesse, leur apprend à parler et à se taire au bon moment. De plus, l’art doit cacher ou transformer tout ce qui est laid, ces choses pénibles, épouvantables et dégoûtantes qui, malgré tous les efforts, à cause des origines de la nature humaine, viendront toujours de nouveau à la surface : il doit agir ainsi surtout pour ce qui est des passions, des douleurs de l’âme et des craintes, et faire transparaître, dans la laideur inévitable ou insurmontable, ce qui y est significatif. Après cette grande et énorme tâche, l’art que l’on appelle véritable, l’art des œuvres d’art, n’est qu’accessoire. L’homme qui sent en lui un excédent de ces forces qui embellissent, cachent, transforment, finira par chercher à s’alléger de cet excédent par l’œuvre d’art ; dans certaines circonstances, c’est tout un peuple qui agira ainsi. – Mais on a l’habitude maintenant de commencer l’art par la fin, on se suspend à sa queue, avec l’idée que l’art des œuvres d’art est le principal et que c’est en partant de cet art que la vie doit être améliorée et transformée – fous que nous sommes ! Si nous commençons le repas par le dessert, goûtant à un plat sucré après l’autre, quoi d’étonnant si nous nous gâtons l’estomac et même l’appétit pour le bon festin, fortifiant et nourrissant, à quoi l’art nous convie ? » (1)

Nietzsche, encore jeune adulte.
L’art et le quotidien
L’intention de Nietzsche n’est pas du tout ici, comme chez nombre d’artistes contemporains, de « ramener l’art dans la rue » : les créateurs postmodernes se contentent à vrai dire le plus souvent d’étendre la logique de l’œuvre d’art, du « grand art », à la réalité prosaïque de l’existence. Certes, nombre d’entre eux se font une gloire de prétendre que « l’art est mort » et que le fétichisme des grandes œuvres a fait son temps ; mais, dans ce geste même de pur nihilisme autoréflexif, on constate qu’ils distinguent encore leur art (savant) de l’art ordinaire (qui resterait quant à lui aveugle à sa non-valeur et son absurdité), en retirent une certaine célébrité critique et se font d’ailleurs payer fort cher leurs professions de foi désenchantées. L’art est peut-être mort, mais nos artistes actuels se nourrissent encore grassement de son cadavre… Nietzsche, au contraire, nous enjoint à percevoir le prosaïsme comme intrinsèquement digne, à l’aimer avec sincérité, et à y apporter le soin que met le bon artisan à réaliser son ouvrage. Il ne s’agit pas de peindre des « œuvres » sur les murs des quartiers délabrés ou dans les métros, mais de valoriser dans l’existence ordinaire le sens éminemment classique du raffinement, d’un point de vue effectivement artisanal.
En étendant en fait la culture romantique du génie à la réalité profane, la postmodernité contribue à vulgariser le grand art tout en élitisant l’art ordinaire, à enlever sa solennité à l’un tout en enlevant son prosaïsme à l’autre. A l’inverse, il aurait plutôt fallu maintenir côte à côte ces deux registres esthétiques, en cessant simplement de dévaloriser l’art ordinaire au profit du grand art, comme le faisaient les artistes modernes, dès le XIXe siècle – à l’époque où écrivait Nietzsche. C’est bien cela, au fond, que le philosophe met en jeu dans son aphorisme : il regrette l’idéalisation de « l’art des musées » et le rejet de « l’art de la rue », mais n’entend pas cependant les confondre, à la manière cette fois des artistes postmodernes de la fin du XXe siècle et du début du XXIe. Il est vain d’accrocher la Joconde (ou sa reproduction) sur une façade quelconque de Paris, où elle n’a pas sa place, ni d’exprimer une rage « néo-expressionniste » en peignant son mal de vivre sur les trottoirs de New York ; mais il s’agit plutôt de s’habiller avec soin, de promouvoir une architecture de belle facture, etc. La place de l’œuvre d’art est bel et bien dans les musées : étant une œuvre sainte (dans le sens où son intensité se prête à une méditation esthétique soutenue), elle doit être exposée dans des lieux eux-mêmes connotés comme cérémoniels, et exhibée seulement lors d’occasions particulières, à l’abri des regards sacrilèges. Mais il n’en existe pas moins cependant une finalité esthétique en dehors de la grande œuvre, qui justifie que la vie prosaïque ne soit pas laissée en friche et abandonnée par le pouvoir créateur et ordonnateur de l’homme.
En définitive, notre époque a cédé simultanément, comme toujours, à deux excès opposés : sous certains aspects, nous nous sommes conformés à un fonctionnalisme austère, que ce soit dans notre habitat, notre manière de nous vêtir, notre mode de vie ou nos relations sociales, mais, de l’autre, nos artistes ont voulu transformer le banal en exceptionnel, sans comprendre qu’ils n’embelliraient pas alors la banalité, comme on pouvait légitimement le souhaiter, mais qu’ils banaliseraient l’exception… En démocratisant la Joconde, on la transforme en affiche publicitaire et en icône de masse ; mais, en étendant partout la culture sophistiquée (quand bien même elle se voudrait « défétichisée »), on abolit également la culture populaire, dans ce qu’elle a de plus authentique et de moins falsifié. Dans chaque peuple, il doit y avoir une place pour le raffinement supérieur et le raffinement ordinaire, pour la cuisine des soirs de fête et celle de tous les jours, pour l’étiquette diplomatique et la politesse de bon voisinage, pour les grandes compétitions sportives et les petites promenades solitaires, pour le théâtre tragique et le divertissement comique, pour les orchestres symphoniques et les fanfares de quartier, pour la réflexion philosophique et le bon sens pratique, etc. Tout domaine se prête au travail de l’art, mais sur des modes différents, plus ou moins exigeants. On ne doit privilégier aucune sphère culturelle, mais les équilibrer mutuellement et leur accorder une juste place dans la société. Il n’est pas sain en effet de manger des huîtres ou de boire du champagne à tous les repas, même si l’amateur de mets précieux se montre indéniablement fin gourmet ; et le simple repas quotidien, quoique raisonnable et frugal, peut être malgré tout préparé avec savoir-faire et talent. De même, l’homme n’est pas fait pour s’exposer sans cesse à des œuvres trop belles et trop profondes (nous ne pouvons maintenir très longtemps nos capacités esthétiques à un degré extrême d’éveil, sous peine de nous exposer à des effets psychologiques et physiologiques pervers, à une « indigestion » cérébrale) ; mais il est bon de vivre dans un environnement suffisamment élaboré pour qu’il nous semble accueillant – et enthousiasmant.
La symbolisation esthétique du monde
A travers l’« art », Nietzsche envisage fondamentalement l’acte de mise en forme et de symbolisation par lequel nous humanisons le monde et accédons à la joie. L’art des œuvres d’art est secondaire en ce qu’il se contente de nous décharger de nos excédents créateurs ; il a son intérêt, mais ne constitue pas l’alpha et l’oméga de la vie : à tout prendre, il vient seulement par surcroît, puisque nous pouvons à la limite nous passer de lui, en dépit de ce qu’il nous apporte, tandis que nous pouvons plus difficilement nous passer de l’art ordinaire, auquel nous confions la charge de sanctifier notre existence quotidienne. Si nous devons sans cesse investir la majeure partie de notre énergie « artistique » dans notre vie réelle et pratique, en fait, c’est pour que notre existence ne relève plus seulement de la pauvre survie, mais soit plutôt magnifiée par la culture.
On sait que, selon Nietzsche, l’art des œuvres d’art est idéalement inféodé à l’exigence de synthèse entre la beauté apollinienne des formes et la reconnaissance probe de la réalité tragique et dionysiaque du monde : c’est en cela qu’elle s’imposerait comme un stimulant de vie. Sans doute faut-il donc en conclure que l’art des affaires profanes doit lui aussi répondre à un tel critère : parvenir à donner un sens artificiel et humain à ce qui n’en a intrinsèquement pas, valoriser notre environnement et baliser rationnellement le chaos, pour nous permettre de mieux nous mouvoir existentiellement en son sein (2). Le raffinement esthétique de la vie quotidienne (celui de la cuisine et de la fête, de la courtoisie et de la convivialité, de l’élégance et du charme) ne revêt tant d’importance qu’en raison précisément de son caractère prosaïque : tandis que le grand art nous permet seulement d’éprouver ponctuellement des instants d’intense recueillement, à travers la contemplation des œuvres, c’est l’art ordinaire qui se charge jour après jour de symboliser notre existence, de la rendre digne d’être vécue.
Face à l’âpreté d’un monde irrationnel et dionysiaque, il s’agit bien en somme d’apposer un voile apollinien de clarté sur les choses, pour que nous puissions prospérer et évoluer sereinement face à l’adversité. Mais en quoi consiste concrètement cette action rassérénante ? A quelles attitudes nous convie Apollon, dieu de la lumière qui dissipe les ténèbres de l’angoisse et de la raison qui édifie les symboles ? De quelle manière devons-nous transfigurer notre vie ?
Il nous faut d’abord faire en sorte que le monde dispose autour de nous d’un minimum de constance, éviter que tout ne se transforme à un rythme effréné, nous laissant par devers nous l’impression que nous n’avons de prise sur rien. Notre destinée doit être structurée selon un plan clairement identifiable, qui nous rassure dans nos entreprises et nous conforte dans notre identité. En préservant une tradition, nous ne nous soumettons pas à une entité figée, mais adhérons à une continuité dont la rupture nous jetterait autrement dans le désarroi. Mieux vaut aussi souscrire à une rigueur ordonnatrice, non pas sclérosante (car des formes trop figées étouffent la vie), mais structurante : manger et se coucher à heures relativement fixes, alterner harmonieusement les périodes d’activité et de repos – mais aussi se conformer aux usages en vigueur, autant que le permet notre morale personnelle. Nous devons en somme nous astreindre à une certaine régularité de la conduite, dans tous les sens du terme, comme on privilégie la régularité et la modération du rythme, dans toute bonne musique (en proscrivant à la fois la frénésie et la lenteur, contraires à l’équilibre de la nature humaine) : cette exigence pratique est en effet comparable, pour ce qui est des œuvres d’art, à l’impératif classique de rigueur dans la construction dramatique ou la composition plastique et musicale, sans laquelle le spectateur ou l’auditeur seraient laissés dans un état de confusion, d’incompréhension et presque de panique.
Il est par ailleurs indispensable d’avoir une interprétation éthique minimale du monde, d’en ébaucher une représentation lisible et de lui donner une cohérence opératoire qui nous permette de nous orienter sans trop d’incertitude et d’appréhension, chaque fois qu’un choix est nécessaire. Le théâtre classique répond ainsi à une exigence de clôture narrative, qui veut que tout problème posé au cours de la narration finisse par être résolu, fût-ce sur un mode tragique : dans le même ordre d’idées, nous devons développer des repères, des valeurs, susceptibles de guider nos actes, au plan relationnel, et de leur donner là encore un sens – en les intégrant dans un cadre symbolique global. Lorsque l’ambivalence des choses ne peut apparemment être surmontée, la morale doit au moins circonscrire la présence du mystère, pour que les éléments d’indécision et de doute, ainsi « étiquetés », paraissent à nos yeux moins déconcertants…
Faisons enfin en sorte de vivre dans un bel environnement, qui ravisse l’esprit, la vue, l’odorat et le goût, et figure ainsi esthétiquement, à chaque instant qui passe, la rigueur et la cohérence que nous cherchons à donner au monde. Edifions des jardins et des parcs ; considérons que le culte de la beauté est la plus utile et la plus fondamentale des tâches. Promouvons le faste des cérémonies, chargées de focaliser notre attention sur la merveille de l’existence, lors des dates rituelles de festivité ou des passages marquants de notre vie ; et donnons à ces fêtes le caractère religieux qu’elles méritent, afin de faire porter notre reconnaissance jusqu’à l'univers dans sa globalité, y compris lorsque le malheur nous touche et que nos aspirations se trouvent largement frustrées par le destin. Même lors du décès de nos proches, ayons la sagesse de nous laisser envahir par la splendeur et le hiératisme des funérailles, pour que ce qui était absurde prenne l’ébauche d’une signification à nos yeux ; crions ensemble : « Amor fati », et réjouissons-nous malgré tout d’être là.
A l’examen, ces divers processus ne relèvent-ils pas de ce qu’on identifie intuitivement comme le « travail de civilisation » ? Ils participent en effet d’une démarche de formation de la culture, et disparaissent à proportion que décline la grandeur des communautés humaines. Se faire « artiste du quotidien », au sens où l’entendait Nietzsche, revient d’abord à « sanctifier les rites », au sens où l’entendait cette fois le grand maître Kong : la vertu consiste à développer une approche classique de la vie, comme il existe une approche classique de l’art. Or, l’essence du classicisme réside elle-même dans le sens de la mesure (celle qui tempère et celle qui ordonne), c’est-à-dire aussi dans la conjonction des opposés, dans l’alliance d’Apollon et de Dionysos. La Voie se nourrit de la complémentarité du Yin et du Yang.
A la cruauté du monde, reconnue et assumée, on superpose un voile d’humanité, qui ne dissimule pas la misère de notre condition, mais valorise envers et contre tout l’existence, dans ce qu’elle comporte de bon. L’illusion imaginaire est proscrite ; mais on souscrit joyeusement à la médiation des symboles.
1. Friedrich Nietzsche, Humain, trop humain, II, §174.
2. La nécessité de figurer avec honnêteté le caractère dionysiaque du réel ne s’impose pas, dans la transfiguration de l’existence ordinaire, puisqu’il n’est pas question en l’occurrence de représenter la vie : elle se donne directement à nous telle qu’elle est (contrairement à l’œuvre, qui, parce qu’elle représente, peut d’autant plus aisément fausser la perception des choses et reléguer le réel derrière un écran de fantasme). La poïesis quotidienne doit seulement prendre garde à ne jamais occulter le caractère véritable du monde. Si l’on doit « cacher tout ce qui est laid », comme le dit Nietzsche, ce n’est pas pour en dissimuler la présence ; bien au contraire, c’est pour que l’horreur ne soit plus que suggérée et sublimée, et qu’elle ne nous frappe pas directement le regard, au risque de nous pétrifier, telle une Méduse ; le philosophe précise d’ailleurs son idée, en affirmant que l’art doit « faire transparaître, dans la laideur inévitable ou insurmontable, ce qui y est significatif » : cela veut dire que l’on doit toujours prendre soin de symboliser l’absurdité du monde, d’appréhender le chaos à travers le prisme de la raison, non pour en altérer la nature, mais pour le circonscrire et l’intégrer comme poche de non-sens dans le réseau de ce qui fait sens. Ainsi, le non-sens se trouve consubstantiellement rattaché à un monde global qui comporte aussi des aspects potentiellement porteurs de sens, une fois structurés par l’esprit ; l’absurdité apparaît comme la face obscure irréductible d’une réalité qui comporte par ailleurs une face lumineuse, et l’obscurité, si elle reste évidemment sombre à nos yeux, en elle-même, ne nous dégoûte plus, car nous avons appris à la comprendre comme la sœur jumelle de la lumière, comme son pendant nécessaire. Dans cette optique, l’art de la vie ordinaire pourrait consister, par exemple, à placer la mort au cœur de la vie, à travers la religion et le culte des ancêtres, sans pour autant évidemment nous exposer au tragique de l’existence sur un mode trop direct et, de ce fait, traumatique (en cessant de maquiller les corps de ceux qu’on enterre, en exhibant partout dans les rues des images de putréfaction et d’anormalité – comme on le voit en Inde –, etc.).
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Mouvantes Brutes - 29 juillet 2008
La collection d'art singulier Dominique Peloux-Raynal
http://mouvancesbrutes.canalblog.com/

On ne devient pas brusquement collectionneur d ’Art Singulier.
C’est un cheminement très lent qui passe forcément par une déchirure de l’esprit, une rebellion. Cet Art « qui touche de près le cœur des hommes », a atteint ma sensibilité. Enracinées dans un vécu émotionnel, les formes singulières qui captent le regard sont pour moi des instants de survie qui dictent la peinture. Survie de l’artiste - par définition -, et survie du collectionneur à sa suite. Ajoutée parfois à une picturalité subversive, la graphie des mots participe à ces moments intérieurs et discrets. Et puis dans ma vie, je n’ai eu que des passions hors-normes : tout ce qui était ordinaire a mal tourné.
[...]
Le collectionneur est un enquêteur permanent. Il ne se contente pas d’acquérir. Il veut aller à la rencontre de l’artiste, au cœur secret de l’œuvre. Le visiteur remarquera que les animaux tiennent dans ma collection une place importante. Certes, leur rôle est essentiel dans l’univers figuratif de l’Art Brut. Mais cet aspect n’a pas dicté mon choix. Les animaux tiennent une place prédominante dans ma vie, c’est aussi simple que cela. Ainsi participent-ils à cette collection née d’émotions et de rencontres. Quant au « bleu » qui revient, couleur itérative et céleste entre toutes, elle est devenue inaltérablement obsessionnelle. Et quand les animaux sont bleus, admettons que l’obsession culmine…
Texte: © Dominique Penoux-Raynal
Photo: © Jaber
Retrouvez les oeuvres de Jaber sur: http://www.monsieurjaber.com/
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Dernière production de Media Lounge - 24 juillet 2008
FINGERS MIX 2 -
MUSIQUE ELECTRONIQUE
(Appel à réactions)

En direct de Boston, Media Lounge vous propose d’écouter son tout dernier morceau de musique électronique, FINGERS MIX 2, sur le site www.arts-for-people.com ou directement sur ce lien :
http://www.arts-for-people.com/wp-content/uploads/2008/07/fingers-mix-21.mp3
(patienter quelques secondes selon votre connexion)
Tous les commentaires sont les bienvenus sur ce site, à la page du post :
http://www.arts-for-people.com/2008/07/23/fingers-mix-2/
Commentaires ok en français, email requis pour commenter mais non publié, ni utilisé (sauf si arts-for-people veut que vous confirmiez que vous êtes l’auteur du commentaire).
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Mayotte dans la France - 19 juillet 2008
CONFERENCE-DEBAT. Mayotte dans la France : le choix des Mahorais nié par des Comoriens
du 16 Février 2008
Journée Culturelle de l’Association des Mahorais de la Métropole Lilloise (A.M.M.L)
Discours d'Hamidani-Attoumani AMBRIRIKI, doctorant en philosophie, Université Lille 3
à diffuser, à reproduire, à faire connaître...
Mayotte dans la France :
Le choix des Mahorais nié par des Comoriens

Lorsqu’après la Deuxième Guerre Mondiale, de l’Asie en Amérique en passant par l’Afrique, des peuples colonisés ont lutté avec véhémence pour leur indépendance, des Mahoraises et Mahorais ont défendu avec pugnacité leur maintien au sein de la République française : « nous voulons rester Français pour être libres », a-t-on lu sur les banderoles des femmes mahoraises. Cependant, ce choix des Mahorais est nié par des Comoriens au nom du principe de « l’intangibilité des frontières ».
En effet, la résolution n° 1514-XV du 14 décembre 1960 (des Nations Unies) a imposé le respect des frontières coloniales au cours de l’accession à l’indépendance des pays colonisés. Contrairement aux Etats qui ont rejeté cette résolution, la majorité des pays africains l’ont adoptée. Les Comores font partie de ces pays, car après la proclamation de l’indépendance unilatérale des Comores (6 juillet 1975) par le Président du Conseil du Gouvernement comorien, Ahmed Abdallah, les Nations Unies ont répondu favorablement à l’indépendance globale des quatre îles de l’archipel des Comores (Grande Comore, Anjouan, Mohéli et Mayotte), le 12 (octobre-novembre) 1975. Soutenue par l’OUA (Organisation de l’Unité Africaine, devenue UA), la Ligue des pays arabo-musulmans, la Conférence Islamique, la « République Fédérale Islamique des Comores » a condamné en août 1976 à l’Assemblée Générale des Nations Unies la France par 102 voix contre 1 (sa propre voix) pour le maintien de Mayotte dans la République française.
Le droit international fondé sur « l’intangibilité des frontières » coloniales se heurte au droit international fondé sur la liberté « des peuples à disposer d’eux-mêmes » (article 2 de la charte des Nations Unies du 25 juin 1945). Ce principe de la libre détermination des peuples est un héritage des philosophes des Lumières, de la Révolution française, émane de la souveraineté nationale, est défini dans la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen (26 août 1789) et prévu par le droit national français (Constitution du 4 octobre 1958). La revendication française et départementaliste de l’île de Mayotte repose juridiquement sur la dernière disposition de l’article 53 de la Constitution de la Vème République française : « nulle cession, nul échange, nulle adjonction de territoire n’est valable sans le consentement des populations intéressées. » Le décret du 24 septembre 1946 a transformé auparavant Mayotte et les trois îles de l’archipel des Comores en Territoire d’Outre-mer des Comores. Entre 1946 et 1975, les Mahorais ont subi les brimades des Grands Comoriens et des Anjouanais. Ces humiliations sont liées aux lois de l’autonomie interne. La loi du 22 décembre 1961 prévoit le transfert de la capitale du Territoire des Comores. En 1964, Moroni (Grande Comore) devient cette capitale au détriment de Dzaoudzi (Mayotte). Ce choix permet au conseil du gouvernement comorien, composé majoritairement de Grands Comoriens et d’Anjouanais, de piller Mayotte, de déposséder la population mahoraise, d’obliger les fonctionnaires mahorais à quitter leur île (ils sont envoyés à la Grande Comore) et de confier les postes à responsabilité aux Grands Comoriens et aux Anjouanais. Et la loi du 3 janvier 1968 permet à l’Etat français de transférer des compétences à l’Assemblée territoriale des Comores et par conséquent aux Grands Comoriens et aux Anjouanais de bloquer les aides destinées à Mayotte et lui enlever ses pouvoirs : les Mahorais sont désormais sous le joug des Grands Comoriens et Anjouanais. C’est dans ce contexte de discriminations, d’humiliations, d’injustices que s’inscrit l’affrontement entre le Gouvernement comorien et la population de Mayotte. Celle-ci se méfie des autres îles des Comores. Les femmes mahoraises s’insurgent en premier lieu contre la domination comorienne. Ce mécontentement féminin est transformé en mouvement politique, c’est-à-dire en Mouvement Populaire Mahorais (MPM) qui revendique la départementalisation de Mayotte. Le 28 septembre 1958, en vertu de sa politique de décolonisation, la Constitution de la Vème République propose aux colonies et possessions d’Outre-mer le choix de se prononcer par référendum sur l’indépendance, ou sur trois statuts qui les maintiennent au sein de la République française (Etat membre de la Communauté française, TOM ou DOM). L’Assemblée territoriale des Comores opte pour le maintien du statut de TOM dans la perspective de l’indépendance de l’archipel des Comores alors que 95% des votes à Mayotte choisissent le statut de DOM. Le 22 décembre 1974, lors du premier référendum d’autodétermination des populations des Comores, le résultat pris globalement est de 94,94% (pour l’indépendance), mais à Mayotte 65,30% de la population se prononcent pour le maintien au sein de la République française au point qu’un deuxième référendum est organisé à Mayotte le 8 février 1976 : la population mahoraise se prononce à 99,42% pour « le maintien de Mayotte au sein de la République française » et refuse « qu’elle fasse partie de l’Etat Comorien ». Lorsque le 11 avril 1976, par un troisième référendum, les Mahorais sont consultés pour le maintien ou l’abandon du statut de TOM, la majorité d’électeurs ont préféré déposer dans les urnes les bulletins imprimés par le MPM qui réclame le Département d’Outre-mer. D’élections en élections, les Mahorais réaffirment leur volonté de demeurer français !
Malheureusement, la négation de l’humanité mahoraise est universelle. Lorsque les Comores (et d’autres peuples) ont choisi leur indépendance, le monde entier (y compris la France) a reconnu aux Comoriens cette faculté de choisir qu’est la liberté. Ils ont exercé un libre choix sur leur avenir. Leur autodétermination est mondialement reconnue. La reconnaissance de leur droit à la liberté confère aux Comoriens la qualité d’homme comme le stipulent la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen de 1789, et la Déclaration universelle des droits de l’Homme de 1948. En revanche, le monde entier n’a pas reconnu l’humanité des Mahorais et Mahoraises. Ceux-ci sont apparus comme des imbéciles en raison de leur choix politique. Même « la Métropole s’est refusée à admettre le caractère irréversible du choix des Mahorais de 1974 », confirme Henri Plagnol (député UDF, Assemblée Nationale, séance du 6 avril 2000, P.3970 sur l’avenir institutionnel de Mayotte). L’Hexagone se demande toujours si les Mahorais sont doués d’un libre choix puisqu’il leur a accordé un statut évolutif, transitoire (en 2000) de « Collectivité Départementale ». Ces statuts provisoires sont une reconnaissance partielle de l’humanité des Mahorais et Mahoraises qui subissent depuis 1974 (34 ans) un déni de justice, un mépris. Les gouvernements successifs français ont préféré ne pas fâcher les Comores plutôt que d’honorer la loyauté de Mayotte. La subordination de la volonté mahoraise à la volonté comorienne signifie-t-elle que la France traficote avec les Comores et que par conséquent elle prépare la guerre civile à Mayotte ? Les Mahorais « restent vigilants » et espèrent ne pas être trahis cette année 2008 : le Gouvernement actuel a promis aux Mahorais d’être consultés sur la transformation de Mayotte en « Département et Région d’Outre-mer ».
Les Mahorais rejettent la nation comorienne qui s’est fondée sur l’identité ethnoculturelle. Des Comoriens comme les Africains indépendantistes ont cru que la couleur de peau, les coutumes, les mœurs, les religions…communs pouvaient construire durablement une nation. C’est pourquoi les pays africains ont maintenu les frontières issues de la colonisation. Ils ont ainsi rassemblé des ethnies, des peuples différents autour de la couleur de peau, des habitudes…mais n’ont pas uni ces tribus diverses autour des intérêts communs. Cette conception ethnoculturelle de la nation me rappelle la vision hitlérienne de la nation allemande. Hitler a massacré des millions d’individus en raison de son idée ethnoculturelle de la nation. Adoptée par des Etats, cette vision fermée de l’Etat fait des ravages dans le monde, et particulièrement dans le continent africain. Le maintien des frontières coloniales a engendré des guerres ethniques, tribales en Afrique. Ces guerres proviennent du fait que les dirigeants de ces pays indépendants défendent leurs intérêts personnels, ceux d’anciennes puissances coloniales et méprisent ceux des peuples. Des Comoriens ont mené leur propagande pour l’indépendance autour de l’identité culturello-religieuse ; d’où la naissance de la République Fédérale Islamique des Comores (ayant vu l’échec de cette propagande, ils ont rebaptisé leur pays en 1999, l’Union des Comores). Ayant choisi de demeurer Français, les Mahorais sont considérés par des Musulmans, et notamment par leurs voisins comoriens comme anti-islamiques. Pour ces Comoriens, être Musulman est incompatible avec être Français. Et pourtant Ahmed Abdallah (et quelques notables comoriens), le Père de l’indépendance unilatérale des Comores, a caché sa carte nationale d’identité française dans sa poche (« Ahmed Abdallah, l’auteur de la déclaration unilatérale d’indépendance de 1975, n’a jamais renié sa nationalité française » (Abdelaziz Riziki Mohamed, Comores : les institutions d’un Etat mort-né, p.28). Comme certains dirigeants et notables africains, A. Abdallah a déclaré l’indépendance comorienne et gardé la nationalité française. S’il a trompé le peuple comorien qui se trouve dans la corruption, l’injustice, et la misère, A. Abdallah était incapable de tromper le peuple mahorais, car les Mahorais ont compris qu’il a instrumentalisé la religion musulmane pour ses intérêts personnels. Nous constatons actuellement que des Comoriens sont capables de vendre leur mère et père, de voler, de tuer pour avoir la nationalité française et que par conséquent, être Musulman est compatible avec être Français, Américain, Chinois, Indien…
Maintenant, des Comoriens sont jaloux que des Mahorais et Mahoraises aient compris que la construction d’une association politique (comme toute association) s’effectue autour de l’intérêt commun. Il s’agit de la définition de l’Etat fondé sur la convention par Jean-Jacques Rousseau, entre autres. Cette conception contractuelle d’une nation est adoptée par des pays européens, et notamment par la France. C’est la raison pour laquelle elle est une nation pluriethnique, multiculturelle et multiconfessionnelle. Mayotte est liée à la France depuis 1841 (avant Nice cédée définitivement à la France en 1860) par une convention entre le Sultan Andriantsouli et le Commandant Louis Philipe Passot. Depuis leur indépendance, des Comoriens envient l’intelligence pratique des Mahorais et Mahoraises qui ont poursuivi le contrat social avec l’Hexagone. Conscients des dérives indépendantistes, des Mahorais musulmans et des Mahorais chrétiens se sont unis naturellement autour de la défense de l’intérêt de Mayotte, c’est-à-dire son maintien au sein de la République française. Ils ont voulu « rester français » non pas pour être esclaves des Blancs mais « pour être libres ». La liberté est l’intérêt commun des Mahorais musulmans et des Mahorais chrétiens qui se sont engagés volontairement pour Mayotte française. Réunis et se considérant comme un seul corps, ils n’ont eu qu’une seule volonté : leur liberté dans la nation française.

En revanche, des Comoriens ont trois volontés (une triple hypocrisie) : ils ont voulu leur indépendance, veulent la nationalité française et combattent le choix politique des Mahorais et Mahoraises. En effet, il existe dans le monde un lobby comorien qui lutte pour l’intégration de Mayotte dans les Comores. Depuis leur indépendance, comme les Africains qui se sont battus pour leur indépendance mais refusent d’assumer leur responsabilité (ils accusent les anciennes puissances coloniales d’être responsables de leurs échecs), des Comoriens se présentent comme des victimes devant le monde entier (l’ONU, l’UA, la Ligue Arabe, la Conférence Islamique…). La cause comorienne est défendue, entre autres, par des Métropolitains. Dans Comores-Mayotte : une histoire néocoloniale, par exemple, Pierre Caminade critique la présence de la France à Mayotte et les Métropolitains qui ont soutenu Mayotte française (Pierre Pujo, le regretté) lors de l’indépendance des Comores. Il dresse la liste de ces Métropolitains pro-mahorais à la page 62 de son livre précité et les considère comme des colonialistes, voire des racistes alors que ce même P. Caminade développe le racisme, comme tous les partisans de la définition ethnoculturelle de la nation (P.59). Pour lui, il incite au patriotisme comorien : « il y aurait cinquante mille Comoriens à Marseille […]. Il faut y ajouter Lyon, Dunkerque, la Région parisienne etc. Nombre d’entre eux restent soudés, grâce à des réseaux de solidarité avec leur village d’origine et apportent de l’aide à leurs compatriotes restés sur l’archipel d’un peu plus de 700 000 habitants. Si ce potentiel se muait en une force politique, un patriotisme comorien, manifestant massivement à Marseille ou ailleurs pour demander la fin du visa […] et la fin de l’occupation française à Mayotte ? » (P.152-153). Au lieu de consacrer leur énergie à la réflexion sur la prospérité comorienne, soutenue par des Métropolitains, des intellectuels Comoriens se battent corps et âme pour que Mayotte soit intégrée dans le giron comorien. Des collectifs comoriens agissent non seulement dans l’Hexagone mais aussi à La Réunion et à Mayotte (le Front Démocrate des Comores, la Fondation Comorienne des Droits de l’Homme…). Ces Comoriens influencent des médias hexagonaux qui ne parlent de Mayotte que pour diaboliser souvent les Mahorais (mais la presse nationale commence à connaître Mayotte) à travers l’immigration clandestine. Après la déclaration de François Barouin, ancien Ministre de l’Outre-mer, sur la remise en cause du droit du sol « pour certaines collectivités d’Outre-mer…Mayotte » (la question du droit du sol n’est d’ailleurs qu’une poudre jetée aux yeux des Mahorais), les Mahorais sont apparus comme des xénophobes, des racistes aux yeux de l’opinion publique nationale. Cette mauvaise image était orchestrée par la télévision, la radio et la presse écrite. Un journaliste de Libération (lundi 19 septembre 2005), Dominique Simonnot par exemple, intitule son article : « Mayotte, l’enfer des clandestins ». Ce journaliste considère par-là que les Mahorais sont les bourreaux des Comoriens. Il culpabilise les premiers et innocentent les derniers. Or, les Comoriens sont responsables de leur souffrance. Ils ont choisi leur indépendance et doivent l’assumer aujourd’hui et demain au lieu de considérer Mayotte comme le bouc-émissaire de leurs misères. Les ennemis des Comores, ce sont des Comoriens dans la mesure où l’Etat Comorien ne s’occupe pas du peuple comorien. Malgré les aides de la France, de l’Union Européenne, de l’ONU, de l’UA, de la Ligue Arabe et maintenant des pays asiatiques, le peuple comorien est dans la misère. Dans Pourquoi Les Comores s’enfoncent-elles ?, Ali Mmadi répond que la corruption gangrène la République Fédérale Islamique des Comores ! Cet Etat islamique viole manifestement les principes islamiques de la justice. Les notions d’islam, d’humanité, de solidarité, de fraternité sont vaines pour des Comoriens. Sinon, qu’ils les appliquent à eux-mêmes en partageant la richesse comorienne avec tous les Comoriens…
Malheureusement, les Comores sont l’enfer des Comoriens : des dirigeants irresponsables abandonnent le peuple comorien, le laissent mourir de faim, des Comoriens véreux, criminels s’enrichissent grâce au trafic de leurs propres mères, pères, sœurs, frères, cousines, cousins, nièces, neveux…en traversant les clandestins vers Mayotte et les autres Comoriens emploient tous les moyens pour avoir la nationalité française qu’ils ont rejetée en 1974. A l’époque, ils refusaient l’autorité française ou d’être gouvernés par des Blancs chrétiens, voire des mécréants, en tant que Musulmans. Ils considèrent les Mahorais comme des traîtres (que les Comoriens soient conscients qu’ils se sont trahis eux-mêmes et que leur plus grand traître est Ahmed Abdallah) car ils ont choisi des Blancs chrétiens, des mécréants aux dépens de leurs frères noirs et musulmans. Or aujourd’hui, les Comoriens sont capables de faire n’importe quoi pour bénéficier de la nationalité française. Ces franco-comoriens, ces agents doubles sont dangereux pour l’avenir de Mayotte.
En conclusion, plusieurs défis attendent Mayotte. Je les résume par cette phrase : l’immense défi de Mayotte est la paix civile. La population de Mayotte au 31 juillet 2007 est de 186, 452 habitants sur une superficie de 374 Km² (Mayotte Hebdo, N°359, 30 Novembre 2007). L’immigration clandestine et l’immigration légale des Comoriens risquent d’engendrer la guerre civile à Mayotte, car n’étant pas fiers de leur nationalité comorienne, les Comoriens veulent l’imposer aux Mahorais, désirent profiter de la définition ouverte, généreuse de la nation française et n’hésitent pas à insulter Mayotte, la France une fois qu’ils sont bien rassasiés ! Les Mahorais ne pourront pas supporter durablement leurs ennemis intimes qui refusent la coopération régionale dans le respect réciproque entre les peuples de l’Océan Indien. Or cette reconnaissance mutuelle est le fondement des rapports pacifiques dans un couple, dans une famille, dans un village, dans une ville, dans un pays, dans une région et dans le monde. Les Mahorais et Mahoraises désirent être reconnus comme hommes par les autres hommes. Les Mahorais et Mahoraises accueilleront donc avec un immense cœur ceux qui reconnaissent leur dignité humaine et seront très méchants à l’égard de ceux qui nient leur choix politique. RA HACHIRI !
Le 30 janvier 2008
Hamidani-Attoumani AMBRIRIKI
(Doctorant Université Lille 3)
Journée Culturelle de l’Association des Mahorais de la Métropole Lilloise (A.M.M.L)
Bibliographie :
A la rencontre de Zena M’Déré, Ed. du baobab, Mayotte, 2003
CAMINADE Pierre, Comores-Mayotte : une histoire néocoloniale, Ed. Agone, Marseille, 2003
MMADI Ali, Pourquoi les Comores s’enfoncent-elles ?, Ed. Thot, Grenoble, 2003
MOHAMED Abdelaziz Riziki, Comores : les institutions d’un Etat mort-né, Ed. L’Harmattan, Paris, 2001
PUJO Pierre, Mayotte la Française, Ed. France-Empire, Paris, 1993
SERMET Laurent, COUDRAY Jean, Mayotte dans la République, Ed. Montchrestien, Paris, 2004
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Exdisciplesleblog - 14 juillet 2008
Discrimination des minorités spirituelles et thérapeutiques, formatage et normalisation des consciences, le Nouvel Ordre Mondial tisse sa toile…
http://Exdisciplesleblog.unblog.fr
Merci à Fred de nous avoir fourni l'adresse de ce blog qui a repris une interview d'Eric Bourdon sur cette page: http://exdisciplesleblog.unblog.fr/2007/08/03/
"Les voleurs d’enfant", thriller psychologique, Ed. de la Méduse, Lille
Publié le 3 août 2007 dans Discrimination des Minorités Spirituelles

Pour sauver son fils d'une secte, Clarck Jannings rentre dans une association anti-sectes, qui va bientôt devenir beaucoup plus sectaire que celle dont il veut sortir son fils.
Ce thriller psychologique va à l'encontre du consensus habituel sur les sectes.
Extraits d’une interview du 3 août 2006, de Natacha Mabrielle pour La Méduse :
« Monsieur Bourdon, votre roman Les Voleurs d’Enfant vient d’être publié. Il s’agit d’une ‘histoire de sectes’ qui se déroule aux Etats-Unis, d’un genre particulier puisqu’elle va plus loin que les histoires ‘traditionnelles’. Elle évoque une secte qui se cacherait bien plus que les autres, une secte des plus terribles puisqu’elle se cache derrière une apparente activité de lutte contre les sectes ; c’est un piège redoutable !
- C’est ce qu’on attend d’une secte, en général, qu’elle se cache toujours plus, toujours mieux qu’on ne l’imagine…
- Votre personnage principal, américain, a un goût particulier pour la culture française, même s’il n’en connaît presque rien, il peut à peine citer le nom des philosophes auxquels il pense, il est plutôt grotesque. A la fin du livre il y a même une petite ‘pique’ contre la politique française face aux sectes. Ce livre est-il une critique de la peur de la France face aux nouvelles religions, face à la différence ?
- Oh, il y aurait beaucoup à dire sur ce sujet, cependant, pour dire la vérité, ce sujet ne m’obsède pas réellement, les choses évoluent doucement, à leur rythme… Je me suis intéressé au sujet… C’était l’occasion d’un roman ! Les Voleurs d’Enfant est franchement une pure fiction. En fait je voulais créer un roman avec une structure tragique assez fascinante, et dans ce sens je peux utiliser certaines réalités politiques pour m’inspirer ou former le contenu de l’histoire, mais le roman… Je ne suis pas spécialement un créateur ‘engagé’ au sens classique, je ne suis pas au service de la réalité, je me sers de la réalité pour construire une oeuvre.
- Vous prenez ce que vous trouvez dans la réalité pour vous en servir ?
- C’est exactement ça ! Je prend ce qui m’intéresse, je le recompose à ma manière, le mélange à d’autres éléments, j’y rajoute une quantité de choses purement inventées, je vois ce que ça donne…
- Et si vous pouvez les citer, quelles sont les choses essentielles qui, dans la réalité, ont pu vous inspirer le plus fortement ?
- Plusieurs choses…
- Prenons la première, la toute première !
- Au départ, il y avait, vous savez, cette histoire de « commission » mandatée par l’assemblée nationale, qui avait pour but, en quelques semaines, de montrer du doigt, dans une ‘liste noire’, environ deux cent nouvelles religions, comme étant des organisations purement… criminelles. Sans aucune preuve ! A part l’Eglise Catholique, institutionnelle, les juifs (on peut difficilement leur taper dessus encore une fois), ou les francs-maçons, toutes les formes de religions étaient déclarées ‘sectes’ d’un seul coup ; je crois que c’était en… 1996. Les droits de l’homme disaient ‘nul ne peut être discriminé du fait de son appartenance religieuse, etc.’, et là on avait trouvé la parade ! Ce n’étaient plus des religions, c’étaient des sectes. Dehors ! Dossier bouclé. Sans aucune preuve, de la diffamation pure et simple. Je croyais qu’il fallait apporter des preuves lorsqu’on accusait une personne ou un groupe, et là, non. Attaquer pour diffamation ? Impossible, c’était une liste votée par des députés, je pense qu’il y avait une histoire d’immunité, il aurait fallu faire un procès contre l’Etat lui-même, certains s’y sont aventurés, d’ailleurs, ça n’a pas donné grand chose je crois…
- Ça a l’air de vous avoir vraiment marqué…
- Bien sûr ! Qui ça n’aurait pas marqué ? Je crois que j’ai pris une énorme claque à ce moment-là, je me suis ‘réveillé’, la France, en matière de justice, était… tellement… Je veux dire, ça n’avait rien à voir avec ses grands idéaux professés dans les médias… Il fallait encore se battre pour convaincre des députés qu’on ne pouvait pas accuser sans preuve ?! On en était là ?
- Pourtant certaines de ces ‘religions’ sont véritablement dangereuses ?
- Mais bien sûr, et il ne faut leur faire aucun cadeau ! Mais devant les tribunaux, avec des éléments de preuve, des choses incontestables. Je n’ai rien, j’ai tout pour le combat contre les sectes quand il y en a, mais, vous le savez, les choses sont tellement floues à ce sujet, les préjugés sont bien plus nombreux que les ‘sectes’… Bien sûr il y a des sectes, il faut les combattre avec des preuves et non des rumeurs…
- Comment en êtes-vous venus à l'écriture du roman lui-même ?
- (moment de réflexion) C’était… un peu plus tard, en fait ; j’ai lu plusieurs choses sur, vous savez, un autre côté de l’histoire, ces soi-disant ‘associations familiales’ – la plupart d’entre elles font un travail fantastique ! Mais il y a ce type particulier d’association qui se présente comme une ‘association familiale’, qui se dit ‘antisectes’ et qui de part son intolérance profonde, soit au profit d’une religion soit au profit d’un athéisme agressif, souhaite la destruction de toutes les religions, et en fait manifeste un comportement tout à fait sectaire ! Un comportement qui est tout ce qu’elle reproche à ces ‘sectes’ qu’elle voit partout. Les Voleurs d’Enfant illustre les motivations profondes d’une personne qui va manifester de plus en plus cette intolérance, et la fin du livre dévoile plus clairement l’origine de cette peur dans l’histoire personnelle du personnage principal.
- C’était l’exemple type d’une association à l’apparence soignée, qui luttait contre les sectes, et qui n’était perçue par personne comme une secte ? Un exemple type de confusion?
- Oui ! C’est vraiment ça. Vous l’avez bien lu ! Il faut en effet se battre contre les sectes, ça ne doit pas être remis en question, le truc c’est de savoir où elles sont et où elles ne sont pas, et le thème de l’association familiale antisectes qui est en fait la pire d’entre elles est l’exemple parfait de la confusion dans laquelle un système peut tomber lorsqu’il prend les chemins de la rumeur, des préjugés, de la condamnation rapide, plutôt que ceux de la justice.
http://www.ericbourdon.com/roman_714.htm
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